Les entraîneurs de Sanor FC ont la parole

Entraînements, fair-play, victoire ou défaite. Mahamadi Nabaleman et Idrissa Congo évoquent ce qui fait leur quotidien d’entraîneurs. L’encadrement des jeunes et le partage de valeurs de vie au travers du sport restent leur priorité. Interview.

Quelles sont les plus grandes difficultés des jeunes, sur le terrain et que faites-vous pour améliorer cela ?

D’abord, Il faut comprendre que pour jouer, il faut de la volonté. Quand un joueur a des difficultés, par exemple pour payer son loyer, sa scolarité ou tout simplement pour se nourrir, il ne peut pas avoir le cœur et le corps au jeu. La pression de ces difficultés a souvent pour effet immédiat, des crises de colère et des tensions inutiles sur l’aire de jeu.

Sur le plan organisationnel, une des difficultés majeures est de faire en sorte que les jeunes rejoignent l’aire des entraînements où surtout des matchs. Il est très difficile de concilier les emplois de temps entre les jeunes allant à l’école, ceux faisant de petits métiers (commerçants, mécaniciens etc.) et ceux au chômage. Du coup, il est difficile de tous les réunir au même endroit à la même heure et pour le même laps de temps.

Pour améliorer cela, on essaie autant que possible d’être un peu souple envers les jeunes, de leur apporter de l’aide sur le plan moral et aussi sur le plan matériel et financier

Leur enseignez-vous des règles de fair-play ? Comment cela se passe-t-il ?

Oui. Nous essayons de leur faire comprendre que l’important dans le football, ce n’est pas de gagner par tous les moyens, mais de remporter un match dans le respect des lois qui le régissent. Cela commence notamment par aller toujours saluer l’adversaire après le match, quel que soit le résultat. Qu’en lieu et place de la bagarre pour revendiquer ou pour obtenir une décision de l’arbitre en sa faveur, il vaut mieux utiliser les voies de recours prévues à cet effet par les lois. Que pour une situation donnée, il y a un ensemble de témoins dont le public et les dirigeants, voire l’équipe adverse et l’essentiel, c’est que ces témoins reconnaissent la valeur réelle de l’équipe.

Que leur dites-vous lorsqu’ils perdent un match ?

Quand on perd un match, cela peut être source de tension entre les jeunes qui peuvent se mettre à s’accuser entre eux et cela peut aller jusqu’à la disparition de la cohésion du groupe. Donc, juste après le match, on les regroupe le plus vite possible pour avant tout les placer sous autorité et canaliser les ressentiments afin de sauver prioritairement ce qui est essentiel, à savoir le groupe. Nous procédons alors avec eux au débriefing, nous situons les manquements et les responsabilités, nous saluons aussi les mérites. On tire enfin une conclusion, toujours positive pour les échéances (entraînements ou matchs) à venir.

En quoi le sport vous semble-t-il important pour ces jeunes ?

Quelque soit le sport qu’il pratique, tout jeune devrait naturellement être actif. Il y gagne dans tous les cas. En plus de l’apport sur le plan de la santé, le football est une école de la vie. On y apprend aux jeunes à vivre, à ne rechercher que ce qui est utile pour eux en fonction de leur âge.

Vos souhaits pour ces jeunes ?

Nos souhaits, c’est de voir ces jeunes pratiquer le football dans toute sa globalité. Que le foot soit pour eux cette école de la vie et que les difficultés matérielles de la vie quotidienne cessent d’être pour eux, des entraves sur le chemin de la réussite sociale.

@ 2007