Fabienne Hofer nous raconte...
Témoignage d’une éducatrice spécialisée en stage à Sanor
Qui je suis ?
Je m’appelle Fabienne Hofer. Je suis éducatrice spécialisée, formée à l’Institut d’Etudes Sociales à Genève (Suisse) et travaille depuis 4 ans au Service médico-pédagogique (dépendant du Département de l’Instruction Publique), plus précisément à La Villa Florissant. On y accueille des enfants entre 3 et 7 ans présentant divers troubles psychologiques (allant de troubles du comportement jusqu’à l’autisme).
J’ai pris une année sabbatique pour pouvoir partir en Afrique.
Comment je suis arrivée à Sanor ?
Tout a commencé avec la visite du site web de La Brique. J’ai trouvé le tout bien construit et à tout hasard, j’ai envoyé un mail à Paul pour savoir s’ils acceptaient des bénévoles sur de plus ou moins longues périodes.
La réponse ne s’est pas fait attendre: «Dans une semaine je suis en Suisse, si vous le voulez, on peut se rencontrer.» Le premier contact avec Paul s’est donc fait au mois de février 2005.
Après une seconde rencontre en juillet 2005, je me prépare à partir pour 10 mois en Afrique, dont 6 mois au Burkina Faso, à Ouagadougou.
Je fais une première visite à Sanor en septembre 2005: les lieux me plaisent. Je me réjouis de venir y travailler en février 2006
!
Objectifs posés
- Travailler avec une équipe locale, pouvoir m’y intégrer
- Echanger sur des coutumes, des pratiques différentes
- Contribuer à l’éveil des enfants
En cours de route, a été ajouté (car il y avait une demande)
- Initiation au développement et à l’éducation du jeune enfant
Bilan des 5 mois passés à Sanor
Au départ, mon envie était simplement de travailler avec les nourrices. J’étais consciente que j’avais beaucoup à apprendre puisque je n’avais jamais travaillé avec des enfants de cette tranche d’âge.
Beaucoup de points étaient déjà bien en place, je pense notamment au déroulement d’une journée, à l’hygiène, aux soins apportés aux enfants.
Assez rapidement, j’ai toutefois remarqué qu’au niveau de l’éveil des enfants, le terrain était encore vierge et qu’il y avait par conséquent de quoi faire.
Ne voulant rien imposer, j’ai commencé à me comporter avec les enfants comme je le fais d’habitude, tout en observant également comment se comportaient les nourrices. Durant quelques mois, je n’ai été que dans la pratique.
J’ai commencé par tenter de classifier les jouets et de mettre en place une sorte de planning pour que les enfants ne jouent pas tous les jours avec les mêmes jouets. Celui-ci a été assez rapidement adopté par l’ensemble des nourrices.
Au mois d’avril, il m’a été demandé si je pouvais donner quelques notions de bases sur le développement et l’éveil des enfants. J’ai accepté et me suis basée sur l’excellent livre de Francine Ferland : Le développement de l’enfant au quotidien – du berceau à l’école primaire, Editions de l’Hôpital Sainte-Justine, 2004.
Entre les mois de mai et juin, à raison d’une fois par semaine, nous prenions 1 heure de temps pour développer différents thèmes. Ont été abordés : le développement sensoriel et perceptif, la motricité globale, la motricité fine, le langage, le cognitif, l’affectif et le social.
A l’issue de ces deux mois, les nourrices ont passé un petit test pour évaluer ce qu’elles avaient retenu de cette initiation. J’ai été ravie de voir que la moyenne se situait à 24 / 36 !
A côté de cela, certaines nourrices se sont pris au jeu des bricolages. Avec les matériaux trouvés sur place, il s’agissait de confectionner des objets utiles à l’éveil des enfants. Nous avons par exemple confectionné des bâtons de pluie (à l’aide d’un ou plusieurs rouleaux de papiers toilettes, d’un peu de sable à l’intérieur et d’une décoration avec des restes de tissus africains récupérés chez une couturière) ; ou encore d’un mobile (objet tournant) pour les plus petits (les mêmes restes de tissus collés sur un pot de yaourt renversé et attaché par une ficelle à un tenseur).
Les objectifs ont pour moi été remplis même si le temps nous donnera plus d’éléments sur la durée et l’intégration des concepts…
Ce que Sanor m’a apporté :
Beaucoup d’émotions. Evidemment. Lorsqu’on investit à la fois un lieu, des personnes et surtout des enfants, on ne peut que travailler avec sa personne, son bagage et donc aussi ses affects.
Les nourrices ont beaucoup de travail et ne rechignent pas à la tâche. Elles se dévouent pour ces enfants qu’elles aiment et elles m’ont fait une place dans leur équilibre quotidien. Il a fallu du temps, mais à la fin, j’avais vraiment la sensation de travailler en équipe. D’échanger, de se consulter est pour moi le signe que le courant a passé…
Ma rencontre avec Clémentine SANON, la directrice de Sanor. Une femme remarquable. J’admire sa façon de gérer, d’être si présente auprès des nourrices, des enfants. Elle donne beaucoup de son temps, de sa personne et réfléchit sans cesse à comment améliorer la structure. J’ai beaucoup échangé avec elle et sa présence a été un véritable rayon de soleil pour moi.
Quant aux enfants, ils ont été mes alliés. Ce sont eux qui ont appuyé certaines des méthodes que je tentais d’appliquer. Ils ont été curieux, ont montré leur soif d’apprendre, d’expérimenter. Grâce à eux, j’ai aussi vécu des premiers sourires, des premiers biberons pris seul, des premiers pas (et évidemment les gamelles qui vont avec !). Le plus beau des cadeaux a été et restera la confiance qu’ils m’ont témoignée… Même si j’ai brisé un bout de ce lien qu’on avait construit durant ces 5 mois en partant, ils resteront dans mon cœur et je me rassure de les savoir entre de si bonnes mains…
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Fabienne Hofer, éducatrice spécialisée
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