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Résumer l’expérience que j’ai vécue au Burkina m’est extrêmement difficile.... Lorsque Myriam et Paul me l’ont demandé, un million d’images ont traversé mon esprit. En 5 mois, mon esprit a voyagé dans une période qui équivaudrait à 10 ans de ma petite vie. J’ai l’impression qu’on vit vraiment là-bas, qu’on vit à la puissance dix, et que les burkinabés savent mieux que nous ce qu’est la vie et… la mort. D’ailleurs, on en revient plus serein face à la vie et la mort. On en revient différent à force de s’être frotté à des personnes totalement différentes de chez nous. J’ai trouvé des réponses à des questionnements existentiels que je n’aurai pu trouver ailleurs que dans le cœur des burkinabés et qu’au cœur de l’Afrique, le Burkina Faso. |
Pour résumer un peu ce séjour, je suis partie début août 2008.
Les chants, les danses, les gens, les rencontres, les sourires, la culture, les rites et traditions, la philosophie, les vêtements, l’éducation jusqu’à la politique, tout est différent de chez nous. En découvrant ce nouveau monde, je n’atterrissais pas d’un avion mais d’un vaisseau spatial qui m’a transportée dans un univers parallèle.
Cet univers a projeté mon esprit dans un immense tourbillon de questionnements qui l’ont fait valser dans tous les sens. J’ai mis du temps à retrouver le sol.
J’ai travaillé ces 5 mois à Sanor, l’orphelinat construit par la famille Miampo, qui accueille des bébés de 0 à 2 ans.
Moi aussi je suis tombée malade, j’ai perdu beaucoup de poids, j’ai du me battre contre moi-même, contre mes angoisses, contre la solitude et les profiteurs. J’ai aussi réussi à me déplacer trois côtes et me les faire remettre en place par un homme qui n’avait jamais étudié la médecine, ni l’ostéopathie ou la chiro. C’était juste un petit fils qui a reçu certains dons. La vie est tellement plus magique, et d’ailleurs nous le devenons aussi…
J’ai compris que le surnaturel de chez nous, n’est que le naturel de chez eux.
Les trois dernières semaines m’ont remis un pied en Europe, car ma maman est venue les passer avec moi. Nous avons navigué entre Sanor, Ouagadougou, et quelques visites à travers le pays. De plus Paul et Damien nous ont rejoints pour la fin décembre et Paul nous a gâté de visites, de ce ses connaissances, de sa gentillesse et sa patience, car il est vrai que malgré le marchandage dont j’étais devenue experte, la connaissance des prix qui se pratiquaient, je me suis faite avoir, et c’est Paul qui devait réparer les erreurs….C’était quelque chose de pesant, cette vigilance de tous les jours pour s’assurer qu’on est gentil avec vous pas seulement pour votre argent. J’ai beaucoup appris aussi, à dire non. Il y a tellement de misères que c’est difficile à accepter notre impuissance, mais je me suis bien rendue compte que ce n’est pas en aidant individuellement qu’on arrange quelque chose.
Que dire encore, sinon, que Sanor, les bébés, les nourrices, tous les gens qui m’ont aidés à bien vivre ces cinq mois, me manquent. Ils font partie de moi et je porte chacun de leurs sourires dans mon esprit. J’ai découvert la misère des rues en même temps que la misère des cœurs de l’Occident.
Je remercie encore mes parents et mes amis qui m’ont soutenue dans les moments difficiles et la famille Miampo pour m’avoir permis de vivre une telle expérience.

