La Brique en bref
Chaque secteur poursuit cependant ses activités, avec plus ou moins de succès par rapport à ses ambitions :
À Sanor, nos enfants ont eu passablement de problèmes de santé en raison de la canicule qui a sévi au cours des derniers mois ; heureusement, la température est redevenue un peu moins violente et les 18 enfants se portent bien.
Au niveau des infrastructures, il faut noter l’extension des installations solaires et le renouvellement de toutes les batteries, étanches et bien plus performantes que les précédentes. Dans le même registre, nous avons aussi refait la fosse septique de la buanderie. Si ces nouveautés peuvent sembler anodines, il faut être bien conscient qu’elles contribuent largement à améliorer la qualité du travail des buandières et l’hygiène des lieux.
Du côté de l’école de Bobomondi, une belle victoire est à signaler: lors de l’édition 2008 du concours d’excellence – une compétition qui réunit les élèves de toutes les écoles d’une même circonscription dans toutes les disciplines sauf le sport – nos élèves ont obtenu la première place !
Parallèlement au concours d’excellence, une compétition d’athlétisme a été organisée au niveau départemental et là aussi, c’est une jeune-fille de l’école de Bobomondi qui s’est imposée en tête du classement! Nous sommes donc très fiers de nos élèves et de leurs succès !
En revanche, nous déplorons les dégâts subis par l’infrastructure de l’école au cours d’un orage qui a emporté le toit des logements des enseignants et fissuré le mur de l’école. Comme nous ne sommes qu’au début de la saison des pluies, nous espérons que l’école ne sera pas endommagée davantage
En ce qui concerne les parrainages, le projet de parrainages de développement lancé au début de l’année se poursuit et une vingtaine
d’activités génératrices de revenus ont été retenues, pour un montant total évalué à 6250 CHF. Ce projet débutera en principe ces prochaines semaines. Parallèlement à cela, un plan de retrait destiné à liquider progressivement les parrainages individuels a été mis en place.
Quant au Sanor FC, ses joueurs ont été encouragés par la visite de Myriam Miampo au début de l’année 2008: ils ont été rassurés de voir que les responsables de La Brique continuent de les suivre et que le club n’est pas abandonné à son sort. Cette assurance a été encore renforcée par la visite, le 11 mars, de Sara Olgiati, une jeune femme qui a choisi de fait son travail de fin d’étude sur le club. Les jeunes ont été très touchés par sa venue, par l’intérêt porté à leur club et très heureux de recevoir du matériel qu’elle avait emmené dans ses valises !
De plus, le voyage sportif du Sanor FC à Ouahigouya le 3 février dernier a beaucoup motivé l’équipe. Stimulés par l’idée d’aller jouer ailleurs, les jeunes ont été plus assidus et leur prestation au cours de cette visite sportive a contribué à consolider leur confiance en eux. Cette visite a par ailleurs donné un peu plus de visibilité au Sanor FC et à ses joueurs : suite au matchretour du 13 mai au cours duquel Sanor a accueilli l’équipe d’Ouahigouya, le club a reçu sept nouvelles adhésions.
Ce tour de l’actualité se termine par le Cybercafé qui pousse en ce moment un “ouf” de soulagement: les délestages sont enfin finis! Toutefois, ils ont laissé des stigmates qui continuent d’entraver le rendement de l’entreprise. Les batteries d’une dizaine d’onduleurs devraient a nouveau être changées alors qu’elles ont été réparées il y a moins d’un mois. Ceci dit, on salue l’arrivée de la saison des pluies qui peut certes retenir certains de se déplacer, mais qui pose bien moins de problèmes techniques que la canicule! Nous espérons pouvoir profiter de ce répit météorologique pour remettre en état tous les onduleurs et remplacer certains ordinateurs qui ont souffert.
Les activités de la Brique en Suisse
Après un souper de soutien organisé à Chatonneyres (Corseaux s/Vevey) le 12 avril 2008, les catéchumènes de la paroisse de Payerne ont eux aussi mis sur pied un souper de soutien le 18 avril. Nous les remercions de tout coeur, de même que l’OPTI d’Yverdon, qui a collecté des fonds lors d’un concert donné à la maison de paroisse de leur ville le 15 mai afin de sponsoriser un forage pour l’école de Bobomondi. Un tout grand merci également à l’Amicale des cuisiniers de la Riviera qui a organisé le “Porreau d’Or” le 14 juin à Vevey, un challenge culinaire et dégustation-vente au bénéfice de La Brique.
Un immense merci à vous toutes et tous qui donnez à “nos” enfants la chance de grandir, de se former et de trouver leur place !
Une crise qui nous effraie
Cameroun - 25 février 2008, Côte d’Ivoire - 31 mars 2008, Egypte - 6 avril
2008, Sénégal - 30 mars 2008 - Grèves, manifestations et marches contre
la vie chère se succèdent sur le continent africain, engendrant des morts
et des blessés, ainsi que des centaines d’arrestations : l’augmentation des
prix des produits de consommation courante, visible partout même en
Suisse, provoque l’ire des plus vulnérables. A tel point que Louis Michel,
commissaire européen à l’Aide humanitaire, déclarait au sortir d’une réunion
à Berne le 8 avril dernier, que l’augmentation des prix des produits
alimentaires sur le continent africain pourrait être la cause d’un “tsunami
économique et humanitaire”.
Au Burkina Faso aussi, une marche de la faim a eu lieu en avril à Bobo
Dioulasso, la 2ème ville du pays, faisant des dizaines de blessés et plus
d’une centaine d’arrestations. Une semaine après, même scénario à Ouagadougou.
Pris de court, le gouvernement recourt à des solutions d’urgence: une
suppression ou du moins une baisse des taxes douanières et de la TVA sur
les produits de première nécessité a été décrétée pour six mois. Mais cette
mesure arrange surtout les importateurs ; la population risque de ne pas
en voir la couleur! Or il faut bien dire qu’elle pâtit largement de la crise
actuelle, avec des augmentations variant entre 16% pour la farine de maïs
et le riz importé, 24% pour le riz local, 50% pour le sorgho, entre 30 et
50% pour l’huile et 23% pour le lait en poudre, sans parler de l’augmentation
du prix des autres biens de première nécessité, tels que le savon ou le
bois de chauffe.
A Sanor, les frais de fonctionnement ont naturellement suivi le mouvement
de hausse de ces derniers mois: en 2007, pour 28 pensionnaires, ils
tournaient autour des 330’000 Francs CFA par mois; actuellement, pour
18 pensionnaires, ils sont d’environ 380’000 Francs CFA!
Mais plus encore que ces augmentations, nous craignons les conséquences
non chiffrées de cette crise, car pour les plus pauvres, elle ne fait qu’intensifier
leurs difficultés habituelles; or instinctivement, l’être humain
donne la priorité à l’alimentation et délaisse l’éducation et la santé – et
c’est tout le cercle vicieux de la pauvreté qui est relancé. Nous espérons
donc que la crise actuelle ne portera pas préjudice à long terme aux projets
de développement, car ce serait effectivement aussi terrible qu’un
tsunami!
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