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Leroi

10 jours avec l’équipe de la Brique au Burkina

Après notre décision en mai 2004 de parrainer un enfant de Sanor et la création de l’association « les amis de La Brique du Burkina », il était indispensable pour nous d’approfondir et de renforcer notre engagement en rencontrant l’équipe de la Brique et particulièrement ses dirigeants, Paul et Myriam. En dépit d’une solide expérience africaine marquée par des séjours et des actions humanitaires diverses étalées sur près de vingt ans, ces dix jours ont été plus qu’une rencontre. Ce fut la révélation qu’il existe encore des hommes et des enthousiastes, généreux, accueillants et animés par la conviction de pouvoir réussir là où la plupart ne voient que des obstacles insurmontables. Nous garderons le souvenir très fort d’un engagement sans partage au profit des plus démunis que sont les enfants orphelins d’un des pays les plus pauvres du monde, engagement servi par une élévation spirituelle saine et ouverte.


Nous pourrions évoquer quelques belles images : le fourmillement de Ouagadougou pendant le FESPACO, les artistes du centre culturel Zaka, les majestueux baobabs de Sanor, la merveilleuse habileté des artisans, les scènes pittoresques du marché. Mais ce sont les hommes et les paroles échangées qui demeurent les plus vivants dans nos mémoires et qui nous ont conforté dans notre détermination à soutenir la Brique.

En effet, pourquoi aider la Brique ? Pour au moins 10 bonnes raisons que nous avons ramené dans nos valises :

1 - C’est une ONG constituée d’une équipe de terrain généreuse, dévouée, jeune, tournée vers l’action qui sait écouter et évoluer.

2 - Son action s’inscrit dans le cadre plus large des efforts entrepris par l’Etat burkinabè pour développer le pays et notamment les jeunes qui constituent plus de 50% de sa population; les contacts au ministère de l’action sociale et le bon accueil que nous avons eu est une des preuves du soutien de l’Etat à l’action humanitaire.

3 - Elle redonne la fierté et l’espoir aux hommes et aux qui élèvent seuls leur enfant ainsi qu’aux familles d’accueil en les associant à la conduite et au financement du projet éducatif; cette fierté, nous l’avons vue dans le regard de cet ouvrier boulanger, veuf et père d’une petite fille soignée à Sanor, qui régulièrement apporte, sous forme de pain, sa contribution à l’éducation de sa fille.

4 - Elle constitue une source de revenus pour les familles de ses employés (une quinzaine au total) qu’elle dirige avec sérieux et humanité; les salaires régulièrement payés participent au développement du pays et à la motivation du personnel qui ne ménage pas sa peine.

5 - C’est une ONG à taille humaine où chaque enfant est non pas simplement assisté et soigné mais connu, écouté, choyé; l’orphelinat de Sanor n’a rien à voir avec ces pouponnières si nombreuses où l’on garde les nourrissons comme des poulets de batterie jusqu’à l’âge de six mois pour les confier ensuite à une famille improbable quel que soit leur état. A Sanor, chaque enfant est gardé tant que son état de santé n’est pas satisfaisant et tant qu’une famille d’accueil connue et fiable n’a pas été trouvée. Les 8 jeunes nourrices de Sanor sont non seulement compétentes mais aussi touchantes de gentillesse et de dévouement malgré des conditions rustiques.

6 - Les familles d’accueil sont suivies et aidées; la Brique ne leur donne pas d’argent mais les visite régulièrement pour leur remettre la nourriture, les vêtements et les soins médicaux nécessaires à l’enfant qui leur est confié; notre visite à l’improviste dans la famille de notre filleule nous a permis de constater la qualité du suivi assuré et l’implication de la famille dans la mission que s’est fixé l’ONG.

7 - La Brique n’est pas au nombre de ces ONG qui mènent grand train avec des moyens luxueux et des frais de fonctionnement ou de communication sans proportion avec les actions conduites; ici les projets sont nombreux et bien anticipés mais ils sont pragmatiques, réalisés pas à pas avec une gestion de « bon père de famille ».

8 - La Brique s’engage sur la durée; avec 30 nourrissons à l’orphelinat en permanence, l’ONG place un quinzaine d’enfants chaque année dans une famille et les suit jusqu’à la fin de leur scolarité primaire. En 2010, la Brique aura la charge de plus de 150 enfants (du nourrisson au pré-adolescent) : cela mérite un investissement sérieux à ses côtés !

9 - Ses besoins sont réels et considérables. Ils portent sur l’indispensable, notamment pour les nourrissons qui manquent de traitements antipaludiques, de lait 1er et 2ème âge, d’antalgiques. Pour obtenir ces produits de base Paul, Myriam et Clémentine mènent un combat quotidien.

10 - La dernière raison d’aider la Brique relève de l’esprit de justice et de partage; un tout petit peu de notre superflu en Europe et c’est une vie de sauvée, mieux c’est une chance pour un enfant d’accéder à une vraie situation avec un avenir. Pour le prix d’un paquet de cigarettes en France, les 30 bébés de Sanor mangent pendant une semaine.

Sanor Déjà de nombreux partenaires et sympathisants, surtout suisses, aident sérieusement la Brique. Un nouveau contact a été établi en Allemagne. Nous nous sommes dits que la France ne pouvait se désintéresser de cette belle entreprise si modeste soit-elle; localement, les Burkinabès ne cessent de s’engager. Deux rencontres nous ont particulièrement marquées : la bière partagée avec les sœurs DOGA, chanteuses engagées, et l’offre de partenariat de Jeremy Sandwiti manager du magasin « planète sport »; les sœurs DOGA, médaillées d’or du grand prix national des arts et des lettres et de la semaine nationale de la culture en 2001 commencent à percer sur la scène internationale avec un répertoire émouvant, tonique et d’une grande richesse musicale et chorégraphique. A l’invitation de Myriam, elles sont venues avec beaucoup de simplicité et de gentillesse partager une bière et un peu de leur précieux temps. Sans hésitation, elles se sont déclarées prêtes à parrainer et à promouvoir l’action de La Brique qu’elles connaissent bien. Jumelles battantes et courageuses, elles montrent au quotidien que les causes dites perdues peuvent être gagnées. Si elles se produisent près de chez vous en Europe, allez-les voir vous ne serez pas déçu. Au centre Zaka, le soir de notre rencontre, elles ont fait un tabac ! En plus elles vous diront ce qu’elles ont vu à Sanor.

Jeremy Sandwiti est un autre exemple de cet esprit d’entreprise et de cette volonté de progresser des burkinabès. Patron de « Planète Sport », il équipe le Sanor FC club en maillots et shorts. Dès notre première rencontre, il a adhéré sans hésiter à l’idée de devenir partenaire de la Brique. La perspective d’un contrat « gagnant-gagnant » qui permette de sortir de la logique d’assistanat au profit d’un développement conjoint l’a séduit et l’a conduit à faire le premier pas. Il est créatif, réalise tous les articles de sport et son magasin est compétitif. Si vous allez à Ouagadougou passez par chez lui, il vous fera « bon prix » !

Notre témoignage déjà trop long s’arrête sur ces généreux partenaires en espérant que d’autres les rejoindront. Il y a tant à raconter, qu’un livre n’y suffirait pas. Qui que tu sois lecteur, puissent ces quelques lignes t’inciter à plonger dans l’action avec nous pour construire un avenir à ces enfants.
Vincent et Blandine Leroi, responsables du comité France