Note de la rédaction: ce récit est un véritable cri du coeur pour l'obtention d'un nouveau véhicule pour la Brique...
Michel et Rita nous racontent...
... leurs vacances à Ouagadougou
|
Résumé des vacances en images
|
|
|
Vendredi 11 octobre 2002 (par Michel)
Nous arrivons, Rita et moi, à l’aéroport international de Ouagadougou. Ici pas de
labyrinthe et de tapis roulants. On marche jusqu’au bâtiment principal (et
pourquoi ils ont parqué l’avion si loin ?) et là on se retrouve tous autour
d’une table à compléter la fiche pour la douane qui n’était pas très claire… «
Vous n’avez pas une adresse plus précise que le secteur 16 ? » Une autre dame
s’évertue à faire comprendre qu’elle ne peut pas donner de numéro de téléphone
puisque le village où elle se rend n’a PAS de téléphone…
Je voulais plaisanter avec Rita en lui proposant d’aller directement au litige
des bagages. Je ne pensais pas si bien dire. « Vos bagages sont à Paris ». Bon
c’est déjà une bonne chose de savoir où ils se trouvent…
Quand j’essaye d’ouvrir la portière de la voiture, je suis tout de suite au
parfum de l’Afrique : il faut les deux mains.
L’accueil à la maison est chaleureux : d’abord Joël le gardien, que je mettrai
trois jours à reconnaître puisque je le vois chaque fois dans le noir. Puis
Madeleine, l’aide de maison, que je reconnais tout de suite, et puis Camidini,
le « petit » frère de Paul, que Myriam nous propose de prendre comme garde du
corps, avec un brin d’humour. Une vraie armoire à glace : 1 m de large et 2 de
haut !
Samedi 12 octobre 2002
Je me réveille. Il fait jour, et je regarde par la fenêtre : une rue large,
parsemée de trous, d’herbe et de déchets, et partout, partout des qui
portent des charges sur la tête et des petits enfants tout noirs qui jouent. Les
vont chercher de l’eau avec de grandes bassines qu’elles portent sur la
tête. Peut-être vingt, trente litres… Plusieurs petites remorques, ave
onneau de 100 litres forment un cercle autour d’un point d’eau, au coin de la rue.
Aujourd’hui nous allons visiter Sanor, l’orphelinat. Nous rejoignons la route
goudronnée et partons direction sud. Un kilomètre plus loin la route est de
nouveau en terre battue, avec son petit lot de rituels : fermer les fenêtres,
allumer les phares, dépasser le camion, éteindre les phares et ouvrir les
fenêtres. J’ai mis la ceinture, des fois que celle-ci fonctionnerait. Bien sûr
ma prudence toute occidentale me vaut un T-shirt avec la marque rouge brique de
la ceinture le reste de la journée. Paul rigole jusqu’à ce que je lui apprenne
que c’est SON T-shirt. « Bein oui les miens sont à Paris !... »
Je ne voyais pas ce bâtiment pareillement perdu dans la campagne. On l’imagine
déjà qui grouille de petites têtes noires. Paul nous fait faire le tour de la
parcelle dans l’herbe, ce qui n’arrange pas les dames qui sont en sandalette, et
quand je demande s’il y a des serpents, Paul se contente de me répondre « oui,
certainement ! ». Vachement rassurant, quoi.
Nous allons aussi visiter une école qui a été aidée par la Brique. Comme c’est
samedi les enfants n’ont pas classe, mais il y a tout de même les instituteurs
qui sont présents, et le «secrétariat » qui prend les inscriptions, soit une
table posée devant le bâtiment, avec un gars qui écoute la radio. On improvise
une classe pour la photo...
Ce qui est génial ici, c’est que tu discutes une minute avec Paul, puis tu te
retournes et il y a cinq gamins derrière qui regardent. La deuxième fois où tu
te retournes il y en a dix, puis quinze, et ainsi de suite.
Voilà une journée bien remplie…
Dimanche 13 octobre 2002
J’ai eu le plaisir de rencontrer Dieudonné, un copain qui a passé deux semaines
de vacances en Suisse, et à qui j’ai fait le coup de la fondue avec meringues à
la crème pour digérer. Il m’a toujours dit qu’il se vengerait. Je crois bien que
ce jour-là j’avais fait une connerie… Mais Dieudonné a été le seul à nous avouer
la température réelle donnée par la météo : 37° à l’ombre ! Maintenant je
comprends !!..
Lundi 14 octobre 2002
Premier jour de travail ! On bosse sur le projet de film de présentation. Pensez
donc ; je n’ai jamais touché une caméra de ma vie !
L’après-midi Paul me confie à Marc pour m’expliquer en long et en large tout ce
qui s’est passé
avec les véhicules de la Brique. Je reçois un exposé d’une heure
et demie, tout en faisant le trajet et en inspectant les véhicules se trouvant
au garage. Une bonne chose c’est que la 505 dans laquelle nous nous trouvons n’a
pas de problème, à part une forte consommation, la porte du conducteur qui
s’ouvre toute seule, une porte passager qui ne s’ouvre que de l’intérieur,
l’ensemble des portes qui grincent, une fuite du liquide de frein et de la
direction, le câble de l’accélérateur qui reste parfois coincé au maximum, et
quelques problème de démarrage… Vous imaginez donc l’état des deux autres
voitures…
Mardi 15 octobre 2002
J’ai pu faire mon premier trajet en tant que conducteur. C’est assez sympa de
zigzaguer entre les trous, les vélos, les mobylettes, les camions et les ânes
avec charrette incorporée, surtout quand on ne voit pas à 50 mètres à cause
d’une voiture qui soulève un nuage de poussière un peu devant.
Mercredi 16 octobre 2002
Paul nous fait visiter toute la ville en auto. Nous traversons les deux barrages
de retenue qui alimentent la ville en eau plus ou moins potable. Le plus
impressionnant c’est la centrale électrique thermique qui fait un boucan
incroyable avec ses moteurs diesel ; à l’odeur, j’imagine qu’on a fait l’impasse
sur les catalyseurs et autres filtres à particules… Paul dirait « tu as vu où tu
es, là ? les gens, tu as vu de quelle couleur ils sont ? » Il n’empêche que je
ne voudrais pas habiter près d’une telle usine.
A la maison il y a un constant défilé dans le hall d’entrée. Comprenez par là
qu’il ne se passe pas un jour sans que les Miampo soient sollicités pour de
l’aide. Ce soir c’est le drame pour une fille, car la caisse de solidarité est
vide. Il n’est pas possible de lui payer son écolage. Elle était pourtant
première de classe (sur une septantaine) toute l’année. Son père est décédé.
Myriam, le cœur fendu, doit lui expliquer que ce n’est pas possible de lui payer
son écolage… avant de venir vers Rita et moi pour nous « expliquer sa situation
». Rita veut bien, mais elle veut la suivre plusieurs années. C’est donc ce que
nous devons lui expliquer. On retourne vers elle. Myriam lui dit « Alors on ne
peut pas payer, mais tu sais qu’on a des visites en ce moment ; et eux sont
d’accord de te payer ton année. » Myriam lui fait un large sourire, mais aucune
réaction de la fille qui reste la tête en bas et les yeux noyés de larmes. Paul
vient à la rescousse, en lui disant que maintenant c’est à elle de savoir ce
qu’elle veut faire de sa vie : « On a payé l’école à une fille, et après elle
est partie avec un homme. » Et Paul ajoute « Mais tu as un peu plus de chance
que les autres, parce que les visites qui te payent ton école, ils vont te payer
la cinquième, mais aussi parce que tu as de bonnes notes, il vont te payer la
quatrième, la troisième, la seconde, mais aussi la première, et la terminale.
Mais il ne faudra pas les décevoir, sinon c’est fini ! » Là, je crois qu’elle a
enfin pigé. On l’a vue relever la tête, avec ses grands yeux, et sourire. Elle
est soulagée. J’ajoute encore « Quand tu seras médecin (ou avocate), on t’invite
en Suisse pour des vacances. Tu as les capacités ! ». Myriam m’a dit après que
ce n’était pas rentré dans l’oreille d’une sourde. Aller en Suisse c’est le rêve
de tous les écoliers d’ici.
Le soir nous allons au cinéma voir « Breckdown ». En sortant nous allons manger
une glace, chez un artisan glacier. En mangeant, je demande à Myriam si on ne
risque pas d’être malades. Et devinez ce qu’elle me répond ? « J’en ai déjà
mangé une fois ici et je n’ai pas été malade. Mais vous serez vite fixé demain :
si vous avez la … c’est qu’elles n’étaient pas tout à fait propre. »
Jeudi 17 octobre 2002
Dans la matinée, effectivement nous avons été fixés : les glaces n’étaient pas
tout à fait propres. Mais les seules victimes, ce sont Rita et moi. ‘Ya pas de
justice ! Pourtant la journée avait bien commencé. J’ai accompagné la fille à
l’école avec Marc, pour payez son écolage. En me levant de bonne heure, je l’ai
croisée dans le hall, le sac d’école vissé au dos. J’ai pu échanger quelques
mots avec cette adorable et timide écolière d’environ 14 ans. Elle s’appelle Safiatou
Kindo, et plus tard elle voudrait être… docteur. Je n’étais donc pas
tombé très loin… Nous allons garder contact durant quelques années, et je me
réjouis de la voir un jour pratiquer le métier de ses rêves.
Retour au bureau de la Brique, pour taper sur un ordinateur de deux façons : la
première, conventionnelle, consiste à taper les touches du clavier, et la
deuxième - assez compréhensible – consiste quant à elle à s’acharner sur la
souris à chaque coupure de courant, puisque tout ce qui n’est pas sauvegardé
passe à chaque fois à la trappe. Et si ce n’est pas la coupure de courant, c’est
l’ordinateur qui plante, ce qui est encore plus courant, soit deux trois fois
par heure. C’est un vrai miracle que vous puissiez lire ces lignes…
C’est assez intéressant de venir en visite chez les Miampo. En une semaine j’ai
retrouvé la liste des membres de l’assemblée générale, un bouquin de travail, et
Rita a déniché deux de ses romans dans la bibliothèque... S’il vous manque
quelque chose, faites don our par ici…
Samedi 19 octobre 2002
Aujourd’hui, et on a prévu d’aller voir les crocodiles, à Sagou. Bon, bien
entendu, comme la voiture sort de révision, elle ne démarre pas. Marc nous
trouve une autre voiture empruntée à quelqu’un qui lui se débrouillera en
empruntant une voiture à un autre ami, etc. Bref il arrive avec une Mercedes
dont l’âge doit avoisiner les 20 ans, et le million de kilomètres. C’est une
bonne auto, quoi !
La mare aux crocodiles c’est tout près, selon Myriam : environ 8 km. Bon, à vrai
dire c’est un peu plus : 86 km, mais alors rien que de la route asphaltée !
Arrivés à Sagou, nous payons 5000 francs chacun pour la visite (guide et poulet
compris).
La mare de Sagou contient une centaine de crocodiles sacrés. Le gars
attache un poulet (compris dans le prix) au bout d’une corde et le lance dans
l’eau. Un « tronc d’arbre » s’approche gentiment et… clap ! Raté !
En fait ils ont l’air bien dociles ces chers dinosaures miniatures. « Il ne mordent pas
parce qu’ils sont sacrés ». Avec Marc on en déduit que c’est aussi parce qu’on
les gave de poulet… dont ils ne font qu’une bouchée. La fameuse photo à côté du saurien et on va visiter les artisans. Je craque pour un hippopotame en bois. Il
ira très bien à côté de mon éléphant d’Asie, à la maison. Sur la route poluée, il y a
beaucoup de camions, assez peu sécurisants. Tout les 20 km un camion est arrêté
pour crevaison.
Le soir une surprise m’attend pour mon anniversaire. On m’emmène à l’orphelinat
où nous attendent cinq musiciens ! Jambé et danses africaines toute la soirée,
au clair de lune, et autour du feu.
Franchement il n’y a qu’ici qu’on peut faire
ça. Chez nous à 22 h 00 les flics sont alerté par un voisin qui n’aime pas les
tamtam !
Dimanche 20 octobre 2002
On s’est habitué à la chaleur, mais aujourd’hui il fait vraiment chaud. On se
réfugie volontiers dans l’appartement, où il fait « seulement » 33° ! Pourtant
nous vivons à la fin de la mousson, et donc il ne fait pas très chaud.
On va visiter un fabricant de jambé. Je m’attendais à entrer dans un atelier. Tu
parles : on va chercher deux des musiciens d’hier, et ils nous emmènent en
ville. Là il nous posent sur le trottoir, et vont chercher un gars qui connaît
un autre gars qui peut obtenir un jambé comme celui qu’on voudrait. Donc on fait
ceux qui viennent juste voir… ça sent un peu l’arnaque, quoi ! Les musiciens
m’avaient dit qu’ils fabriquaient leurs instruments eux-mêmes… J’ai vu comme ça
marche, ici !
Lundi 21 octobre 2002
Le périple de Bobomondi (par Rita)
Le lundi 21 et le mardi 22 octobre 2002 nous sommes partis pour Bobomondi voir
l’école.
A 4h du matin nous avons pris la voiture afin d’arriver assez tôt à Diapaga et
visiter l’école le jour même. Mais les circonstances ne nous ont pas permis de
suivre notre programme.
Dans Ouagadougou Paul à déjà dû s’arrêter parce que la
voiture accélérait sans en avoir reçu l’ordre. ¾ d’heure plus tard la voiture ne
voulait plus du tout accélérer, on avançait à 10 à l’heure. A ce rythme on y
serait encore. On s’est donc arrêté au prochain petit village dans un garage, si
on peut appeler ça un garage … C’est une petite maison carrée avec 5 africains
qui attendent et discutent à côté de deux vieilles voitures toutes pourries et
plus en fonction …
C’est d’abord deux africains qui s’occupent de notre problème mais très vite ils
se retrouvent à 5 ou 6 dont un enfant qui semblait bien au courrant et
farfouillent dans notre moteur …
Pourenfin nous dire que non seulement il y a effectivement un problème avec l’accélérateur mais qu’en plus le câble
d’embrayage est foutu, ils n’ont pas de quoi réparer, et le carburateur a
également un petit problème (consomme 20 litres au cent)!!!! aïe, aïe, aïe ! on
est mal barré. Après deux heures d’attente dans la chaleur, les doutes et les
questions, les fameux mécaniciens ont fait des exploits et la voiture est en
pleine santé et peut repartir avec un joli bruit de moteur et tout ça pour 8000 frCFA donc 20 CHfr.
On arrive à Diapaga à … 16h, la tête remplie de magnifiques paysages verdoyants.
Pour finir le voyage a pris le double de temps … On a passé 12h à faire le
trajet sur des routes en grande partie cabossées, avec de gros trous et bien
poussiéreuses. Nous arrivons donc fatigués et surtout vraiment sâles, pleins de
poussière et assoiffés. De plus Myriam n’a pas la forme, elle est toute chaude,
a mal à tous ses muscles… Vu le changement de programme il n’est pas possible
d’aller à Bobomondi aujourd’hui.
Nous allons ensuite chez Félix Bourgou pour poser nos affaires et faire dormir
Myriam qui n’en peut plus. On nous montre notre chambre … dehors sur le pas de
porte. On attache donc une corde pour pouvoir mettre, la nuit venant, nos deux
moustiquaires et dormir à l’abri des petites bêtes qui piquent. Une nuit à la
belle étoile ! Super !!!!!! On s’installe et on se prépare pour la nuit.
On est tout sale jusque dans les oreilles, de la poussière partout. Mais alors partout
! Laver les dents ? tu oublies, changer d’habits aussi. Je me souviendrai de
cette belle nuit : premièrement, dormir sur du béton c’est dur même sur ces
petites mousses. Dans n’importe quelle position on a mal au dos. J’avais
beaucoup rouspété sur les matelas africains mais là j’aurais donné n’importe
quoi pour pouvoir y dormir. En plus de ça on a dormi avec des poules, des chiens
et un âne ; et la nuit ces jolies bèbètes ne dorment pas, ça fait du bruit. A
tout bout de champ des gens circulent dans la maison, entrent, sortent … et vu
qu’on dort sur le pas de porte, c’est pas discret. Et pour couronner le tout, à
4h30 du matin un homme s’est mis à crier ses prières dans un micro pour que tout
le monde en profite !!!!!!! puis les coqs se sont aussi mis à crier. J’aurais
volontiers tordu le cou au crieur et mangé les coqs.
Mardi 22 octobre 2002
Après une petite nuit, on se lève à 6h du matin pour le départ à Bobomondi. Je
suis impressionnée par la beauté du paysage : de petites collines, des petits
lacs, beaucoup d’arbres, c’est magnifique, époustouflant. La route est encore
pire que ce qu’on a déjà vu. On doit à plusieurs reprises descendre du véhicule
pour éviter de laisser des pièces de la voiture sur la route. Arrivé là-bas on
voit enfin les nouveaux bâtiments de l’école (presque finis) et un peu plus loin
les élèves. Que d’émotions ! C’est la première fois qu’on voit vraiment,
concrètement (avec les enfants) les résultats du travail de la Brique. En
attendant la fin des travaux, les enfants font la classe dehors, sous les
arbres, un tableau noir accroché au tronc. Il y a trois classes ;
certains sont vraiment tout jeunes et tous bien concentrés et disciplinés. Les enfants nous
regardent avec de grands yeux noirs et crient en cœur en se levant «bonjour Mèèèèèèèsieur» et se rasseyent en disant «Jé m’aaaassois».
Nous sommes ensuite invités à voir le chef du village et l’oncle de Paul (celui
qui lui a demandé de construire l’école). Ils nous offrent un banc pour nous
asseoir. On se retrouve donc à l’ombre, près d’une « concession », avec les
personnes les plus importantes du village. Le chef discute longuement avec Paul.
Les discutions semblent intéressantes et le chef à l’aire d’un vrai rigolo, il
fait rire tout le monde sauf nous bien sûr parce que nous, les petits suisses,
on ne comprend pas un traître mot de tout ce qui ce dit. Par contre on voit bien
lorsqu’ils rigolent de nous. Myriam n’avait qu’une envie : de s’allonger et
dormir. Pour nous remercier ils nous ont offert un … coq. C’est pour Myriam
puisqu’elle n’a pas la forme ! Il paraît qu’une morce de ce coq la guérira.
Myriam s’est donc retrouvée avec cette pauvre bête. Et juste avant de partir
l’oncle de Paul nous a demandé d’attendre parce qu’il avait quelque chose pour
nous … Aie, aie, aie s’il vient avec une chèvre, qu’est ce qu’on fait ? elle ne
rentre pas dans la voiture. Ouf, c’est un second coq pour … Michel. On les
a donc mis fièrement dans le coffre en espèrent qu’ils ne se bagarrent pas. En
partant je demande à Paul si ses pauvres bêtes ne vont pas mourir de chaud dans
le coffre. Il me dit « mais non, il n’y a pas de risque, ils ont l’habitude ! ».
Après une heure de piste, en arrivant à Diapaga, les deux bêtes étaient
agonisantes dans le coffre. On a donc dû les confier aux gens du village parce
que jamais ils n’auraient supporté le voyage jusqu’à Ouagadougou.
Ensuite on a repris le chemin du retour vers midi, contents de pouvoir rentrer
pour le souper à 18h, de prendre une douche, de boire le bon jus de Madeleine et
pour Myriam d’aller dormir. Mais l’histoire n’est pas finie et tout ne se
passera pas comme on l’avait prévu : Après deux heures de route la voiture …
devinez quoi ? … tombe en panne ? pire : elle fait un tel bruit qu’on
sort tous précipitamment de la voiture, en sortant également les bagages ! Heureusement
elle n’a pas explosé! Et voilà, on se retrouve sur une route peu fréquentée, en
plein soleil, avec une voiture capricieuse qui ne veut plus démarrer, et une
pauvre Myriam malade qui ne rêve que d’une chose : son lit ! On est mal barrés.
La première voiture qui s’arrête refuse de nous aider parce qu’on ne les paye
pas assez!!!! si, si, si c’est vrai ! En plus ils voulaient une sacrée somme :
l’équivalent d’un mois de salaire ! On les laisse repartir avec le secret désir
que 100 mètres plus loin ils tombent également en panne. Par contre la deuxième
voiture qui s’arrête nous propose son aide et peut nous prendre les cinq, mais
selon lui que jusqu’au prochain bled. Pour finir il nous ramène jusque devant la
porte, à Ouaga ! Ouf…! Au lieu d’arriver pour 18h comme prévu il est plutôt 21h
!!!!!!!! 9h pour faire le trajet, soit un peu mieux que hier, mais c’est
épuisant.
On arrive donc à la maison complètement fatigués, sales comme jamais, en rêvant
simplement d’une douche, d’une bonne boisson fraîche et d’un bon lit. Madeleine
nous a préparé un bon repas avec un de ses jus frais dont elle a le secret, une
maison toute propre, un lit tout frais et elle a même lavé certains habits sales
qui traînaient dans notre chambre. C’est incroyable comme de simples choses
peuvent nous faire autant de plaisir : de l’eau !!!!!!!!!! et un endroit où
poser sa tête. Myriam n’a pas fait long avant de se coucher après une bonne
douche. On l’a tous suivie, et hop au lit pour une bonne nuit de sommeil.
Le lendemain, une fois bien propres et reposés on rigole de notre expédition et
on ne garde que des bons souvenirs : le visage des enfants, la satisfaction du
chef du village, le chauffeur de la voiture qui nous « a sauvé » et l’accueil de
Madeleine. Je crois que ce qui m’a le plus manqué durant ce petit voyage c’est
une chose toute simple et tellement naturelle chez nous en Suisse, mais
tellement précieuse en Afrique : l’eau (potable si possible) qui désaltère et
rend propre.
Mercredi 23 octobre 2002 (par Michel)
Nous émergeons au milieu de la matinée. Ce repos était nécessaire après un
pareil périple. Branle-bas de combat pour aller récupérer la Peugeot. Je suggère
qu’on attende un feu de brousse pour régler le cas… et personne n’ose me
contredire… Camidini et Marc partent avec une voiture de location. Ils vont y
passer toute la journée. La voiture est de retour à 22h, sale comme pas
possible, après 300 km de remorquage.
Jeudi 24 octobre 2002
Ce jour-là je suis allé visiter un « non loti », soit un bidonville. Je
m’attendait à tout, mais finalement cela ne change pas beaucoup de certains
quartiers, sauf que les maisons sont construites en désordre, ce qui donne des ruelles étroites, tortueuses et impraticables avec un 4 roues. La grande
différence c’est qu’il n’y a pas d’électricité et d’eau potable. Il faut se
déplacer avec une remorque équipée d’un tonneau au prochain point d’eau. Le « 16
tôles » est le modèle de base. Naomi que l’on visite vit dans un « 20 tôles ».
Ensuite nous allons voir la défunte Peugeot. On la retrouve sans moteur, et ce
même moteur gît à côté en plusieurs morceaux. Un peu comme une bête à laquelle
on a réglé son compte. (Notez que pour cela je m’en serais bien chargé !)
Diagnostic : rupture du joint de culasse, trois pistons cassés à changer. Une
réparation qui vaut au moins 500 CHfr ! Maintenant je comprends pourquoi Paul ne
veut plus entendre parler de Peugeot, et veux une japonaise !
Vendredi 25 octobre 2002
Anaëlle nous crie « Atab’ », mais aujourd’hui il n’y a pas de table ! Le
responsable ? Félix ! Il a piqué toutes les chaises et la table pour leur faire
un traitement de choc contre les termites, vous savez, ces petites bêtes qui
transforment un meuble en tas de sciure…
Samedi 26 octobre 2002
L’attraction du jour, c’est l’autruche géante : attention c’est pas méchant,
mais c’est tellement con que ça picore tout ce qui bouge : crapaud, humain,
serpent, etc.
Lundi 28 octobre 2002
On visite le SIAO, le salon annuel international de l’artisanat. C’est très
beau, mais… épuisant.
Rita se fout encore de moi de m’avoir vu me dépatouiller
avec un jeune qui voulait à tout prix me refiler sa « planche cotcot » ! « Y a
pas de p’oblème, mon ami, tu me dis juste un prix, et si ça va je te le donne ! » Mais j’en VEUX PAS de ton machin ! "Y a pas de p’oblème, tu me dis juste un
prix, et si ça va, je te le donne, etc." Bref
on ne parle pas la même langue, mais il faut avouer qu’il était gentil, bien que
tenace à l’extrême…
Mardi 29 octobre 2002
Bououuuuuuh, c’est le dernier jour ! On fait les
valises, avec notamment un balafon, un éléphant-qui-dit-toujours-oui, un hippopotame en bois (très joli,
mon hippopotame…), des paniers, la caméra etc etc. L’attente à l’aéroport est
interminable. Des heures et des heures, avant d’entrer enfin dans un avion…
climatisé. Le lendemain, il fera 25° de moins… avec un bon rhume à la clé...
Michel, ancien président
|
|