Note de la rédaction: ce récit est un véritable cri du coeur pour l'obtention d'un nouveau véhicule pour la Brique...

Michel et Rita nous racontent...

Michel et Rita

... leurs vacances à Ouagadougou

Résumé des vacances en images

Panne Panne Panne Panne Panne
Panne Panne Panne Panne Panne


Vendredi 11 octobre 2002 (par Michel)

Nous arrivons, Rita et moi, à l’aéroport international de Ouagadougou. Ici pas de labyrinthe et de tapis roulants. On marche jusqu’au bâtiment principal (et pourquoi ils ont parqué l’avion si loin ?) et là on se retrouve tous autour d’une table à compléter la fiche pour la douane qui n’était pas très claire… « Vous n’avez pas une adresse plus précise que le secteur 16 ? » Une autre dame s’évertue à faire comprendre qu’elle ne peut pas donner de numéro de téléphone puisque le village où elle se rend n’a PAS de téléphone…
Je voulais plaisanter avec Rita en lui proposant d’aller directement au litige des bagages. Je ne pensais pas si bien dire. « Vos bagages sont à Paris ». Bon c’est déjà une bonne chose de savoir où ils se trouvent…
Quand j’essaye d’ouvrir la portière de la voiture, je suis tout de suite au parfum de l’Afrique : il faut les deux mains.
L’accueil à la maison est chaleureux : d’abord Joël le gardien, que je mettrai trois jours à reconnaître puisque je le vois chaque fois dans le noir. Puis Madeleine, l’aide de maison, que je reconnais tout de suite, et puis Camidini, le « petit » frère de Paul, que Myriam nous propose de prendre comme garde du corps, avec un brin d’humour. Une vraie armoire à glace : 1 m de large et 2 de haut !

Samedi 12 octobre 2002

Femme Je me réveille. Il fait jour, et je regarde par la fenêtre : une rue large, parsemée de trous, d’herbe et de déchets, et partout, partout des qui portent des charges sur la tête et des petits enfants tout noirs qui jouent. Les vont chercher de l’eau avec de grandes bassines qu’elles portent sur la tête. Peut-être vingt, trente litres… Plusieurs petites remorques, ave onneau de 100 litres forment un cercle autour d’un point d’eau, au coin de la rue.
Aujourd’hui nous allons visiter Sanor, l’orphelinat. Nous rejoignons la route goudronnée et partons direction sud. Un kilomètre plus loin la route est de nouveau en terre battue, avec son petit lot de rituels : fermer les fenêtres, allumer les phares, dépasser le camion, éteindre les phares et ouvrir les fenêtres. J’ai mis la ceinture, des fois que celle-ci fonctionnerait. Bien sûr ma prudence toute occidentale me vaut un T-shirt avec la marque rouge brique de la ceinture le reste de la journée. Paul rigole jusqu’à ce que je lui apprenne que c’est SON T-shirt. « Bein oui les miens sont à Paris !... »
Eleves Je ne voyais pas ce bâtiment pareillement perdu dans la campagne. On l’imagine déjà qui grouille de petites têtes noires. Paul nous fait faire le tour de la parcelle dans l’herbe, ce qui n’arrange pas les dames qui sont en sandalette, et quand je demande s’il y a des serpents, Paul se contente de me répondre « oui, certainement ! ». Vachement rassurant, quoi.
Nous allons aussi visiter une école qui a été aidée par la Brique. Comme c’est samedi les enfants n’ont pas classe, mais il y a tout de même les instituteurs qui sont présents, et le «secrétariat » qui prend les inscriptions, soit une table posée devant le bâtiment, avec un gars qui écoute la radio. On improvise une classe pour la photo...
Ce qui est génial ici, c’est que tu discutes une minute avec Paul, puis tu te retournes et il y a cinq gamins derrière qui regardent. La deuxième fois où tu te retournes il y en a dix, puis quinze, et ainsi de suite.
Voilà une journée bien remplie…

Dimanche 13 octobre 2002

J’ai eu le plaisir de rencontrer Dieudonné, un copain qui a passé deux semaines de vacances en Suisse, et à qui j’ai fait le coup de la fondue avec meringues à la crème pour digérer. Il m’a toujours dit qu’il se vengerait. Je crois bien que ce jour-là j’avais fait une connerie… Mais Dieudonné a été le seul à nous avouer la température réelle donnée par la météo : 37° à l’ombre ! Maintenant je comprends !!..

Lundi 14 octobre 2002

Panne Premier jour de travail ! On bosse sur le projet de film de présentation. Pensez donc ; je n’ai jamais touché une caméra de ma vie !
L’après-midi Paul me confie à Marc pour m’expliquer en long et en large tout ce qui s’est passé avec les véhicules de la Brique. Je reçois un exposé d’une heure et demie, tout en faisant le trajet et en inspectant les véhicules se trouvant au garage. Une bonne chose c’est que la 505 dans laquelle nous nous trouvons n’a pas de problème, à part une forte consommation, la porte du conducteur qui s’ouvre toute seule, une porte passager qui ne s’ouvre que de l’intérieur, l’ensemble des portes qui grincent, une fuite du liquide de frein et de la direction, le câble de l’accélérateur qui reste parfois coincé au maximum, et quelques problème de démarrage… Vous imaginez donc l’état des deux autres voitures…





Mardi 15 octobre 2002

J’ai pu faire mon premier trajet en tant que conducteur. C’est assez sympa de zigzaguer entre les trous, les vélos, les mobylettes, les camions et les ânes avec charrette incorporée, surtout quand on ne voit pas à 50 mètres à cause d’une voiture qui soulève un nuage de poussière un peu devant.

Mercredi 16 octobre 2002

Tour Paul nous fait visiter toute la ville en auto. Nous traversons les deux barrages de retenue qui alimentent la ville en eau plus ou moins potable. Le plus impressionnant c’est la centrale électrique thermique qui fait un boucan incroyable avec ses moteurs diesel ; à l’odeur, j’imagine qu’on a fait l’impasse sur les catalyseurs et autres filtres à particules… Paul dirait « tu as vu où tu es, là ? les gens, tu as vu de quelle couleur ils sont ? » Il n’empêche que je ne voudrais pas habiter près d’une telle usine.
A la maison il y a un constant défilé dans le hall d’entrée. Comprenez par là qu’il ne se passe pas un jour sans que les Miampo soient sollicités pour de l’aide. Ce soir c’est le drame pour une fille, car la caisse de solidarité est vide. Il n’est pas possible de lui payer son écolage. Elle était pourtant première de classe (sur une septantaine) toute l’année. Son père est décédé. Myriam, le cœur fendu, doit lui expliquer que ce n’est pas possible de lui payer son écolage… avant de venir vers Rita et moi pour nous « expliquer sa situation ». Rita veut bien, mais elle veut la suivre plusieurs années. C’est donc ce que nous devons lui expliquer. On retourne vers elle. Myriam lui dit « Alors on ne peut pas payer, mais tu sais qu’on a des visites en ce moment ; et eux sont d’accord de te payer ton année. » Myriam lui fait un large sourire, mais aucune réaction de la fille qui reste la tête en bas et les yeux noyés de larmes. Paul vient à la rescousse, en lui disant que maintenant c’est à elle de savoir ce qu’elle veut faire de sa vie : « On a payé l’école à une fille, et après elle est partie avec un homme. » Et Paul ajoute « Mais tu as un peu plus de chance que les autres, parce que les visites qui te payent ton école, ils vont te payer la cinquième, mais aussi parce que tu as de bonnes notes, il vont te payer la quatrième, la troisième, la seconde, mais aussi la première, et la terminale. Mais il ne faudra pas les décevoir, sinon c’est fini ! » Là, je crois qu’elle a enfin pigé. On l’a vue relever la tête, avec ses grands yeux, et sourire. Elle est soulagée. J’ajoute encore « Quand tu seras médecin (ou avocate), on t’invite en Suisse pour des vacances. Tu as les capacités ! ». Myriam m’a dit après que ce n’était pas rentré dans l’oreille d’une sourde. Aller en Suisse c’est le rêve de tous les écoliers d’ici.
Le soir nous allons au cinéma voir « Breckdown ». En sortant nous allons manger une glace, chez un artisan glacier. En mangeant, je demande à Myriam si on ne risque pas d’être malades. Et devinez ce qu’elle me répond ? « J’en ai déjà mangé une fois ici et je n’ai pas été malade. Mais vous serez vite fixé demain : si vous avez la … c’est qu’elles n’étaient pas tout à fait propre. »

Jeudi 17 octobre 2002

Safietou Dans la matinée, effectivement nous avons été fixés : les glaces n’étaient pas tout à fait propres. Mais les seules victimes, ce sont Rita et moi. ‘Ya pas de justice ! Pourtant la journée avait bien commencé. J’ai accompagné la fille à l’école avec Marc, pour payez son écolage. En me levant de bonne heure, je l’ai croisée dans le hall, le sac d’école vissé au dos. J’ai pu échanger quelques mots avec cette adorable et timide écolière d’environ 14 ans. Elle s’appelle Safiatou Kindo, et plus tard elle voudrait être… docteur. Je n’étais donc pas tombé très loin… Nous allons garder contact durant quelques années, et je me réjouis de la voir un jour pratiquer le métier de ses rêves.
Retour au bureau de la Brique, pour taper sur un ordinateur de deux façons : la première, conventionnelle, consiste à taper les touches du clavier, et la deuxième - assez compréhensible – consiste quant à elle à s’acharner sur la souris à chaque coupure de courant, puisque tout ce qui n’est pas sauvegardé passe à chaque fois à la trappe. Et si ce n’est pas la coupure de courant, c’est l’ordinateur qui plante, ce qui est encore plus courant, soit deux trois fois par heure. C’est un vrai miracle que vous puissiez lire ces lignes…
C’est assez intéressant de venir en visite chez les Miampo. En une semaine j’ai retrouvé la liste des membres de l’assemblée générale, un bouquin de travail, et Rita a déniché deux de ses romans dans la bibliothèque... S’il vous manque quelque chose, faites don our par ici…

Samedi 19 octobre 2002

Crocodile Aujourd’hui, et on a prévu d’aller voir les crocodiles, à Sagou. Bon, bien entendu, comme la voiture sort de révision, elle ne démarre pas. Marc nous trouve une autre voiture empruntée à quelqu’un qui lui se débrouillera en empruntant une voiture à un autre ami, etc. Bref il arrive avec une Mercedes dont l’âge doit avoisiner les 20 ans, et le million de kilomètres. C’est une bonne auto, quoi !
La mare aux crocodiles c’est tout près, selon Myriam : environ 8 km. Bon, à vrai dire c’est un peu plus : 86 km, mais alors rien que de la route asphaltée ! Arrivés à Sagou, nous payons 5000 francs chacun pour la visite (guide et poulet compris). Route La mare de Sagou contient une centaine de crocodiles sacrés. Le gars attache un poulet (compris dans le prix) au bout d’une corde et le lance dans l’eau. Un « tronc d’arbre » s’approche gentiment et… clap ! Raté ! En fait ils ont l’air bien dociles ces chers dinosaures miniatures. « Il ne mordent pas parce qu’ils sont sacrés ». Avec Marc on en déduit que c’est aussi parce qu’on les gave de poulet… dont ils ne font qu’une bouchée. La fameuse photo à côté du saurien et on va visiter les artisans. Je craque pour un hippopotame en bois. Il ira très bien à côté de mon éléphant d’Asie, à la maison. Sur la route poluée, il y a beaucoup de camions, assez peu sécurisants. Tout les 20 km un camion est arrêté pour crevaison. Jembe
Le soir une surprise m’attend pour mon anniversaire. On m’emmène à l’orphelinat où nous attendent cinq musiciens ! Jambé et danses africaines toute la soirée, au clair de lune, et autour du feu. Franchement il n’y a qu’ici qu’on peut faire ça. Chez nous à 22 h 00 les flics sont alerté par un voisin qui n’aime pas les tamtam !




Dimanche 20 octobre 2002

On s’est habitué à la chaleur, mais aujourd’hui il fait vraiment chaud. On se réfugie volontiers dans l’appartement, où il fait « seulement » 33° ! Pourtant nous vivons à la fin de la mousson, et donc il ne fait pas très chaud.
On va visiter un fabricant de jambé. Je m’attendais à entrer dans un atelier. Tu parles : on va chercher deux des musiciens d’hier, et ils nous emmènent en ville. Là il nous posent sur le trottoir, et vont chercher un gars qui connaît un autre gars qui peut obtenir un jambé comme celui qu’on voudrait. Donc on fait ceux qui viennent juste voir… ça sent un peu l’arnaque, quoi ! Les musiciens m’avaient dit qu’ils fabriquaient leurs instruments eux-mêmes… J’ai vu comme ça marche, ici !

Lundi 21 octobre 2002

Le périple de Bobomondi (par Rita)

Le lundi 21 et le mardi 22 octobre 2002 nous sommes partis pour Bobomondi voir l’école.
Panne A 4h du matin nous avons pris la voiture afin d’arriver assez tôt à Diapaga et visiter l’école le jour même. Mais les circonstances ne nous ont pas permis de suivre notre programme. Panne width= Dans Ouagadougou Paul à déjà dû s’arrêter parce que la voiture accélérait sans en avoir reçu l’ordre. ¾ d’heure plus tard la voiture ne voulait plus du tout accélérer, on avançait à 10 à l’heure. A ce rythme on y serait encore. On s’est donc arrêté au prochain petit village dans un garage, si on peut appeler ça un garage … C’est une petite maison carrée avec 5 africains qui attendent et discutent à côté de deux vieilles voitures toutes pourries et plus en fonction …
C’est d’abord deux africains qui s’occupent de notre problème mais très vite ils se retrouvent à 5 ou 6 dont un enfant qui semblait bien au courrant et farfouillent dans notre moteur … Pourenfin nous dire que non seulement il y a effectivement un problème avec l’accélérateur mais qu’en plus le câble d’embrayage est foutu, ils n’ont pas de quoi réparer, et le carburateur a également un petit problème (consomme 20 litres au cent)!!!! aïe, aïe, aïe ! on est mal barré. Après deux heures d’attente dans la chaleur, les doutes et les questions, les fameux mécaniciens ont fait des exploits et la voiture est en pleine santé et peut repartir avec un joli bruit de moteur et tout ça pour 8000 frCFA donc 20 CHfr.
Panne width= On arrive à Diapaga à … 16h, la tête remplie de magnifiques paysages verdoyants. Pour finir le voyage a pris le double de temps … On a passé 12h à faire le trajet sur des routes en grande partie cabossées, avec de gros trous et bien Panne width= poussiéreuses. Nous arrivons donc fatigués et surtout vraiment sâles, pleins de poussière et assoiffés. De plus Myriam n’a pas la forme, elle est toute chaude, a mal à tous ses muscles… Vu le changement de programme il n’est pas possible d’aller à Bobomondi aujourd’hui.
Nous allons ensuite chez Félix Bourgou pour poser nos affaires et faire dormir Myriam qui n’en peut plus. On nous montre notre chambre … dehors sur le pas de porte. On attache donc une corde pour pouvoir mettre, la nuit venant, nos deux moustiquaires et dormir à l’abri des petites bêtes qui piquent. Une nuit à la belle étoile ! Super !!!!!! On s’installe et on se prépare pour la nuit. On est tout sale jusque dans les oreilles, de la poussière partout. Mais alors partout ! Laver les dents ? tu oublies, changer d’habits aussi. Je me souviendrai de cette belle nuit : premièrement, dormir sur du béton c’est dur même sur ces petites mousses. Dans n’importe quelle position on a mal au dos. J’avais beaucoup rouspété sur les matelas africains mais là j’aurais donné n’importe quoi pour pouvoir y dormir. En plus de ça on a dormi avec des poules, des chiens et un âne ; et la nuit ces jolies bèbètes ne dorment pas, ça fait du bruit. A tout bout de champ des gens circulent dans la maison, entrent, sortent … et vu qu’on dort sur le pas de porte, c’est pas discret. Et pour couronner le tout, à 4h30 du matin un homme s’est mis à crier ses prières dans un micro pour que tout le monde en profite !!!!!!! puis les coqs se sont aussi mis à crier. J’aurais volontiers tordu le cou au crieur et mangé les coqs.

Mardi 22 octobre 2002

Route Après une petite nuit, on se lève à 6h du matin pour le départ à Bobomondi. Je suis impressionnée par la beauté du paysage : de petites collines, des petits lacs, beaucoup d’arbres, c’est magnifique, époustouflant. La route est encore pire que ce qu’on a déjà vu. On doit à plusieurs reprises descendre du véhicule pour éviter de laisser des pièces de la voiture sur la route. Arrivé là-bas on voit enfin les nouveaux bâtiments de l’école (presque finis) et un peu plus loin les élèves. Que d’émotions ! C’est la première fois qu’on voit vraiment, concrètement (avec les enfants) les résultats du travail de la Brique. En attendant la fin des travaux, les enfants font la classe dehors, sous les arbres, un tableau noir accroché au tronc. Il y a trois classes ; Classe certains sont vraiment tout jeunes et tous bien concentrés et disciplinés. Les enfants nous regardent avec de grands yeux noirs et crient en cœur en se levant «bonjour Mèèèèèèèsieur» et se rasseyent en disant «Jé m’aaaassois».
Nous sommes ensuite invités à voir le chef du village et l’oncle de Paul (celui qui lui a demandé de construire l’école). Ils nous offrent un banc pour nous asseoir. On se retrouve donc à l’ombre, près d’une « concession », avec les personnes les plus importantes du village. Le chef discute longuement avec Paul. Les discutions semblent intéressantes et le chef à l’aire d’un vrai rigolo, il fait rire tout le monde sauf nous bien sûr parce que nous, les petits suisses, on ne comprend pas un traître mot de tout ce qui ce dit. Par contre on voit bien lorsqu’ils rigolent de nous. Myriam n’avait qu’une envie : de s’allonger et dormir. Pour nous remercier ils nous ont offert un … coq. C’est pour Myriam puisqu’elle n’a pas la forme ! Il paraît qu’une morce de ce coq la guérira. Myriam s’est donc retrouvée avec cette pauvre bête. Et juste avant de partir l’oncle de Paul nous a demandé d’attendre parce qu’il avait quelque chose pour nous … Aie, aie, aie s’il vient avec une chèvre, qu’est ce qu’on fait ? elle ne rentre pas dans la voiture. Ouf, c’est un second coq pour … Michel. On les Coq a donc mis fièrement dans le coffre en espèrent qu’ils ne se bagarrent pas. En partant je demande à Paul si ses pauvres bêtes ne vont pas mourir de chaud dans le coffre. Il me dit « mais non, il n’y a pas de risque, ils ont l’habitude ! ». Après une heure de piste, en arrivant à Diapaga, les deux bêtes étaient agonisantes dans le coffre. On a donc dû les confier aux gens du village parce que jamais ils n’auraient supporté le voyage jusqu’à Ouagadougou.
Ensuite on a repris le chemin du retour vers midi, contents de pouvoir rentrer pour le souper à 18h, de prendre une douche, de boire le bon jus de Madeleine et pour Myriam d’aller dormir. Mais l’histoire n’est pas finie et tout ne se passera pas comme on l’avait prévu : Après deux heures de route la voiture … devinez quoi ? … tombe en panne ? pire : elle fait un tel bruit qu’on Panne sort tous précipitamment de la voiture, en sortant également les bagages ! Heureusement elle n’a pas explosé! Et voilà, on se retrouve sur une route peu fréquentée, en plein soleil, avec une voiture capricieuse qui ne veut plus démarrer, et une pauvre Myriam malade qui ne rêve que d’une chose : son lit ! On est mal barrés. La première voiture qui s’arrête refuse de nous aider parce qu’on ne les paye pas assez!!!! si, si, si c’est vrai ! En plus ils voulaient une sacrée somme : l’équivalent d’un mois de salaire ! On les laisse repartir avec le secret désir que 100 mètres plus loin ils tombent également en panne. Par contre la deuxième voiture qui s’arrête nous propose son aide et peut nous prendre les cinq, mais selon lui que jusqu’au prochain bled. Pour finir il nous ramène jusque devant la porte, à Ouaga ! Ouf…! Au lieu d’arriver pour 18h comme prévu il est plutôt 21h !!!!!!!! 9h pour faire le trajet, soit un peu mieux que hier, mais c’est épuisant.
On arrive donc à la maison complètement fatigués, sales comme jamais, en rêvant simplement d’une douche, d’une bonne boisson fraîche et d’un bon lit. Madeleine nous a préparé un bon repas avec un de ses jus frais dont elle a le secret, une maison toute propre, un lit tout frais et elle a même lavé certains habits sales qui traînaient dans notre chambre. C’est incroyable comme de simples choses peuvent nous faire autant de plaisir : de l’eau !!!!!!!!!! et un endroit où poser sa tête. Myriam n’a pas fait long avant de se coucher après une bonne douche. On l’a tous suivie, et hop au lit pour une bonne nuit de sommeil.
Le lendemain, une fois bien propres et reposés on rigole de notre expédition et on ne garde que des bons souvenirs : le visage des enfants, la satisfaction du chef du village, le chauffeur de la voiture qui nous « a sauvé » et l’accueil de Madeleine. Je crois que ce qui m’a le plus manqué durant ce petit voyage c’est une chose toute simple et tellement naturelle chez nous en Suisse, mais tellement précieuse en Afrique : l’eau (potable si possible) qui désaltère et rend propre.

Mercredi 23 octobre 2002 (par Michel)

Panne Nous émergeons au milieu de la matinée. Ce repos était nécessaire après un pareil périple. Branle-bas de combat pour aller récupérer la Peugeot. Je suggère qu’on attende un feu de brousse pour régler le cas… et personne n’ose me contredire… Camidini et Marc partent avec une voiture de location. Ils vont y passer toute la journée. La voiture est de retour à 22h, sale comme pas possible, après 300 km de remorquage.


Jeudi 24 octobre 2002

Ce jour-là je suis allé visiter un « non loti », soit un bidonville. Je Panne width= m’attendait à tout, mais finalement cela ne change pas beaucoup de certains quartiers, sauf que les maisons sont construites en désordre, ce qui donne des ruelles étroites, tortueuses et impraticables avec un 4 roues. La grande différence c’est qu’il n’y a pas d’électricité et d’eau potable. Il faut se déplacer avec une remorque équipée d’un tonneau au prochain point d’eau. Le « 16 tôles » est le modèle de base. Naomi que l’on visite vit dans un « 20 tôles ».
Ensuite nous allons voir la défunte Peugeot. On la retrouve sans moteur, et ce même moteur gît à côté en plusieurs morceaux. Un peu comme une bête à laquelle on a réglé son compte. (Notez que pour cela je m’en serais bien chargé !) Diagnostic : rupture du joint de culasse, trois pistons cassés à changer. Une réparation qui vaut au moins 500 CHfr ! Maintenant je comprends pourquoi Paul ne veut plus entendre parler de Peugeot, et veux une japonaise !

Vendredi 25 octobre 2002

Souper Anaëlle nous crie « Atab’ », mais aujourd’hui il n’y a pas de table ! Le responsable ? Félix ! Il a piqué toutes les chaises et la table pour leur faire un traitement de choc contre les termites, vous savez, ces petites bêtes qui transforment un meuble en tas de sciure…

Autruche










Samedi 26 octobre 2002

L’attraction du jour, c’est l’autruche géante : attention c’est pas méchant, mais c’est tellement con que ça picore tout ce qui bouge : crapaud, humain, serpent, etc.

Lundi 28 octobre 2002

SIAO On visite le SIAO, le salon annuel international de l’artisanat. C’est très beau, mais… épuisant. SIAO Rita se fout encore de moi de m’avoir vu me dépatouiller avec un jeune qui voulait à tout prix me refiler sa « planche cotcot » ! « Y a pas de p’oblème, mon ami, tu me dis juste un prix, et si ça va je te le donne ! » Mais j’en VEUX PAS de ton machin ! "Y a pas de p’oblème, tu me dis juste un prix, et si ça va, je te le donne, etc." Bref on ne parle pas la même langue, mais il faut avouer qu’il était gentil, bien que tenace à l’extrême…





Mardi 29 octobre 2002

Hippopotame Bououuuuuuh, c’est le dernier jour ! On fait les valises, avec notamment un balafon, un éléphant-qui-dit-toujours-oui, un hippopotame en bois (très joli, mon hippopotame…), des paniers, la caméra etc etc. L’attente à l’aéroport est interminable. Des heures et des heures, avant d’entrer enfin dans un avion… climatisé. Le lendemain, il fera 25° de moins… avec un bon rhume à la clé...
Michel, ancien président